Aujourd’hui, nous sommes réunis pour rendre hommage à Christophe.
Vous remarquerez peut-être que certains d’entre nous portent aujourd’hui un collier de fleurs.
Ce n’est pas un hasard.
C’est un clin d’œil à Christophe, à son amour pour Magnum, ses chemises hawaïennes, et à cette façon bien à lui de transformer n’importe quel moment en fête.
C’est aussi une manière de respecter son souhait : ne pas faire d’une cérémonie un moment triste, mais un temps de souvenirs, de sourires, et de vie.
Pour ce faire, je vais vous parler de son parcours, mais aussi de l’homme qu’il était.
Christophe est né à Arcachon, le 31 janvier 1976, à 9h10 précises. Son père, Francis, est gendarme, et Bernadette est mère au foyer.
Pendant quatre ans, Christophe profite pleinement de son statut d’enfant unique, avant de devenir grand frère. A l’arrivée de sa sœur, Anne-Laure, il perd quelques-uns de ses privilèges. Un léger bouleversement, qui donnera naissance à une taquinerie affectueuse et fraternelle, appelée à durer toute leur vie.
En 1983, la famille s’envole pour Iracoubo, en Guyane. Christophe passe alors ses journées, allongé dans le sable, à jouer aux petits soldats. Cela lui vaudra le surnom de : Caïman blanc.
En 1987, ils partent vivre à Saint-Pierre de la Réunion, où ils passeront 3 ans. Alors qu’il aurait pu profiter de baignades dans un cadre magnifique, Christophe visionne le film « Les Dents de la Mer » et prend une décision radicale : plus jamais, au grand jamais, il ne se baignera dans l’océan ! Et cette promesse, il la respectera toujours : même des années plus tard, il restera sur la plage à surveiller Claudia, Clémence et Romain pendant leurs bains en mer.
Mais fidèle à lui-même, Christophe ne se contentera pas d’avoir peur des requins : il se passionnera pour eux. Parce que, selon lui, il faut toujours bien connaître son ennemi !
En 1990, la famille rentre en métropole et s’installe à Jarny, en Meurthe-et-Moselle. C’est là que Christophe obtient son brevet de pilote d’avion de tourisme… brevet qu’il n’utilisera cependant jamais.
De 1993 à 1996, la famille est basée à Verdun. Un lieu parfait pour Christophe, qui est passionné d’histoire.
Arrive ensuite le service militaire. Sa mère souhaite qu’il parte le plus loin possible, car son fils est un adolescent… disons… casse-pied et un brin provocateur. Son père tente alors de faire jouer ses relations. Résultats : Christophe se retrouve dans une caserne encore plus proche que son lycée, et rentre donc tous les soirs à la maison, excepté pendant ses classes.
En 1995, il entre à la faculté d’Histoire de Metz. Durant sa première année, il passe plus de temps à regarder sa série culte, Magnum, qu’à étudier. Ce qui ne l’empêche pas de réussir, et de poursuivre les années suivantes à la faculté de Strasbourg, suite à une nouvelle mutation de son père.
Christophe fait la connaissance de Maxime, lors du premier cours de géographie de Monsieur ODONOU. Les jeunes hommes se trouvent très vite de nombreux points communs, tels que le football et les jeux. Ils vouent également une admiration pour Tom Selleck et sa chemise hawaïenne dans la série Magnum.
En 1997, Christophe rencontre Mehdi, à la caserne de gendarmerie de Strasbourg, où ils résident tous les deux avec leurs parents. Très vite, ils sympathisent, vont jouer aux fléchettes et boire des coups au « Bar A Tin », avec d’autres potes. Mehdi passe également beaucoup de temps chez Christophe à jouer sur l’ordinateur.
Suite à la victoire des Bleus, en 1998, ils décident de reprendre le foot en club et s’inscrivent, ensemble, à l’ASPTT de Koenigshoffen.
A cette même période et par le biais de Maxime, la bande de copains s’étoffe, avec l’arrivée de Mahmoud… Mahmoud qui doit être parmi nous, à moins qu’il ne soit coincé route de Mittel… Non, je sais qu’il est là et il comprendra. Avec Christophe, ils partagent la passion des jeux de plateau et des jeux vidéo.
Suite à une nouvelle mutation de son père, Christophe reste en Alsace, et s’installe dans son premier appartement, situé au-dessus des Halles. Certains diront qu’il s’agissait d’un véritable « repère de potes », d’autres d’une « vraie garçonnière ».
Durant ses années fac, Christophe exerce quelques emplois saisonniers. Il est vigile… très peu de temps… puis pigiste aux DNA plusieurs étés.
Après l’obtention de sa maîtrise en Histoire, il s’oriente vers l’enseignement et tente différents concours. Il prépare notamment le CAPES, mais ne pourra pas se présenter aux épreuves, s’étant cassé la main quelques jours auparavant.
Il décide de devenir professeur des écoles et entre à l’IUFM en septembre 2002.
Lors du premier jour de formation, quand Christophe entre dans la pièce, Claudia tombe immédiatement sous son charme… Jusqu’à ce qu’il prenne la parole… Car son accent meusien fait une entrée tout aussi fracassante…venant surprendre un peu la première impression.
Concentrée sur sa formation, Claudia le fait « galérer » ou « ramer » comme on dit, pendant près de six mois.
A force de patience et de persévérance, leur histoire commence finalement « Au Trou », un bar strasbourgeois que Christophe fréquentait souvent. C’était le 11 avril 2003, je m’en souviens parce que j’étais là. Enfin… j’étais là pour les récupérer à la sortie du « Trou » et les ramener, après une soirée un peu arrosée.
Très rapidement, Christophe sait que Claudia sera la mère de ses enfants. À partir de là, ils avanceront ensemble, sans jamais se quitter.
Quelques années plus tard, ils décident de fonder une famille.
Le 7 février 2007, ils deviennent parents pour la première fois, avec la naissance de leur fille, Clémence. Le 9 juin 2010, la famille s’agrandit, avec l’arrivée de Romain. Notons que l’un des plus grands regrets de Christophe, c’est que son fils ne soit pas né le 6 juin, Jour du Débarquement.
Au début de l’année 2011, toute la famille s’installe à Nordheim, s’intégrant progressivement et participant à la vie de la commune. Ainsi, Christophe anime un temps des soirées de jeux de société au centre socio-culturel. En septembre 2016, avec Claudia, ils deviennent bénévoles à la bibliothèque, tous deux partageant la passion des livres.
En 2020, Christophe est élu maire de Nordheim, rôle dans lequel il se révèle et s’épanouit pleinement. Il se montre rassembleur et redynamise le village avec l’aide du comité des fêtes et de son conseil municipal, auquel il était très attaché. Il avait d’ailleurs décidé de s’engager pour un deuxième mandat et l’équipe était partante pour le suivre dans cette nouvelle aventure.
Malheureusement, la vie en a décidé autrement…
Le 3 avril 2025, Christophe apprend qu’il est atteint d’un cancer. Il débute sa première chimio le 11 avril, après avoir appris, la veille, qu’il souffrait d’un myélome multiple. Pendant 8 mois, il se bat très courageusement et avec acharnement, jusqu’à cette nuit du 27 au 28 décembre où il s’éteint, à l’hôpital, entouré de sa famille et de ses amis.
Mais, comme je le disais en préambule, si nous sommes ici aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour évoquer les étapes de sa vie. C’est aussi pour parler de lui, de l’homme qu’il était.
Christophe était un enseignant investi, très attaché à son métier. Apprécié de ses élèves, il aimait transmettre, expliquer, partager. Et il le faisait avec sérieux…mais jamais sans humour.
Il était aussi un grand amateur de football, fidèle supporter du FC Metz, de la Juventus de Turin et, plus tard, du PSG, qu’il soutenait avec son fils.
Christophe était un grand collectionneur de DVD et de figurines, un passionné de jeux vidéo et de séries Z. Ses tee-shirts racontaient souvent ce qu’il aimait : films culte, dessins animés de son enfance, références que seuls les initiés reconnaissaient.
Il avait gardé son âme d’enfant et l’assumait complétement.
Christophe était également un grand fêtard. Avec lui, il y avait toujours une bonne raison de se retrouver, de rire, de discuter, de refaire le monde. La porte était toujours ouverte et il ne manquait jamais de présence. Pour beaucoup, Nordheim est devenu, grâce à lui, le « Centre de l’Alsace ».
Mais par-dessus tout, Christophe était un père présent et investi auprès de ses enfants, qu’il appelait tendrement « les Kakou » ou « les Kiki ». Clémence et Romain était sa plus grande fierté et il les aimait profondément.
Christophe, tes sarcasmes, tes taquineries et tes blagues…disons-le… parfois un peu pourries, vont terriblement nous manquer. Mais avec la bienveillance et la générosité qui te caractérisent, nul doute que tu veilleras sur Claudia, Clémence, Romain, et tous tes proches, tel un ange gardien.